Égalité homme-femme : un facteur clé de la politique familiale et sociale

Angela Greulich

Le gouvernement français a réaffirmé en juin 2013 que la politique devait favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes. La participation des femmes au marché du travail, leur carrière professionnelle et leur capacité à retrouver un emploi à la suite d’une maternité deviennent donc des objectifs explicites, non seulement de la politique de l’emploi et de la politique sociale, mais aussi et surtout de la politique familiale.

L’emploi féminin – un objectif transversal

Une plus grande participation des mères au marché du travail réduit non seulement les inégalités de revenus entre sexes, mais aussi entre familles de taille différente. La promotion de l’égalité professionnelle entre hommes et femmes vise à accroître l’indépendance économique des femmes et à susciter un partage plus équitable des tâches domestiques au sein du couple. En outre, des études récentes suggèrent que l’implication des deux parents auprès des enfants a des effets significatifs sur les résultats scolaires et le développement socio-émotionnel des enfants. Enfin, l’égalité homme/femme aurait même des impacts positifs sur la fécondité : Au sein des pays développés, le nombre moyen d’enfants par femme est plus élevé dans les pays où la participation des femmes au marché du travail est elle-même élevée (1). L’offre de garde d’enfants a des effets importants en facilitant à la fois la fécondité et l’emploi des femmes (2). Une meilleure conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale facilite donc l’emploi féminin et la fécondité. Le revenu supplémentaire apporté par la femme sécurise la situation économique du ménage et facilite ainsi l’agrandissement familial (3).

La France – un modèle phare ?

A cet égard, la France tient bien la comparaison avec ses pays voisins, notamment l’Allemagne. En Allemagne, la différence au niveau des heures de travail entre hommes et femmes, et entre femmes sans enfants et mères de famille, est bien plus marquée qu’en France. De plus, on observe en France une augmentation du taux de natalité ces dernières années, alors qu’en Allemagne il stagne à son niveau le plus bas (nombre d’enfants par femme : en France 2.1, en Allemagne 1.35). Les différences dans les domaines de l’emploi des femmes et des taux de fécondité entre l’Allemagne et la France suggèrent qu’en France, emploi et famille se concilient mieux qu’en Allemagne. L’Allemagne peut prendre exemple sur son voisin français dans bien des domaines. Outre la mise en place des structures de garde pour les enfants de tous âges et ouvertes toute la journée, des dispositions pour soutenir les femmes dans leurs ambitions professionnelles sont importantes. Elles permettent notamment de : faciliter aux mères le passage d’un emploi à temps partiel à un poste à temps plein, mettre un terme aux emplois à bas salaires sans protection sociale et de promouvoir les carrières professionnelles des femmes en fixant, entre autres, des règles de quotas au sein des entreprises. Pourtant, en comparaison avec des pays nordiques, la France présente un retard en ce qui concerne la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes sur le plan de la politique sociale, familiale et de l’emploi. Plusieurs mesures peuvent être envisagées. Elles consistent par exemple, à préconiser l’imposition individuelle des revenus en transférant le coût implicite des réductions d’impôts à des mesures favorisant la conciliation entre travail et vie familiale. L’une de ces mesures pourrait prendre la forme d’une réforme du congé parental : des congés plus courts et rémunérés proportionnellement aux salaires encourageraient l’activité des parents avant et peu après la naissance d’un enfant. Pour aller plus loin, une individualisation du droit aux congés faciliterait un partage plus égal entre partenaires. Pour favoriser ce partage, la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes ne doit cependant pas se cantonner à la politique familiale et doit, notamment, investir les politiques du marché du travail.

  • Luci-Greulich, O. Thévenon (2014): “Does economic development ‘cause’ a re-increase in fertility? An empirical analysis for OECD countries (1960-2007)”, European Journal of Population, Vol. 30, pp.187-221.
  • Luci-Greulich, O. Thévenon (2013): “The impact of family policy packages on fertility trends in developed countries.” European Journal of Population, Vol. 29 N° 4, pp.387-416.
  • Greulich, O. Thévenon, M. Guergoat-Larivière (2015): “Starting or enlarging families? The determinants of low fertility in Europe”. Travail en cours.
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